Interventions en chirurgie vasculaire

Chirurgie de la carotide (Endartériectomie carotidienne) : Prévenir l'accident vasculaire cérébral

L’endartériectomie carotidienne est l’intervention de référence pour traiter une sténose significative de la carotide.
Son objectif n’est pas d’améliorer un symptôme, mais de réduire le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) en retirant directement la plaque d’athérome responsable du rétrécissement de l’artère.
Contrairement à une angioplastie, cette intervention consiste à ouvrir l’artère afin de retirer complètement la plaque, tout en conservant votre propre artère.

Dans quelles situations est-ce proposé ?

Une intervention codifiée

Quels sont les avantages de l'intervention ?

Quels sont les risques ?

Votre intervention en pratique

Domaine d'application de la procédure

Pourquoi choisir une chirurgie plutôt qu'un stent ?

Dans la majorité des cas, la chirurgie constitue aujourd’hui le traitement de référence des sténoses carotidiennes significatives.

Les grandes études internationales ont montré qu’elle réduit très efficacement le risque d’AVC lorsqu’elle est réalisée chez les patients présentant une sténose importante ou symptomatique.

L’angioplastie avec stent est réservée à certaines situations particulières, notamment lorsque la chirurgie présente un risque élevé ou n’est pas techniquement réalisable.

Les étapes clés

Comment se déroule l'intervention ?

L’intervention est réalisée au bloc opératoire, généralement sous anesthésie générale et parfois sous anesthésie locorégionale selon les antécédents du patient

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1. Exposition de la carotide

Une incision est réalisée sur le côté du cou afin d’accéder à l’artère malade.
Les tissus sont disséqués avec précaution afin d’exposer la bifurcation carotidienne tout en préservant les nerfs voisins.

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2. Contrôle de la circulation cérébrale

Avant d’ouvrir l’artère, la circulation est interrompue de façon temporaire.
Le cerveau est surveillé pendant toute cette étape.
Lorsque cela est nécessaire, un shunt temporaire est mis en place afin de maintenir une perfusion cérébrale continue pendant l’intervention.
Cette étape constitue l’un des éléments essentiels de la sécurité de l’intervention.

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3. Retrait de la plaque d'athérome

La carotide est ouverte.
La plaque est soigneusement décollée puis retirée en totalité.
L’objectif est d’obtenir une lumière artérielle parfaitement propre afin de rétablir une circulation normale vers le cerveau.

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4. Fermeture de l'artère

L’artère est refermée.
Selon son diamètre, la fermeture est réalisée :

  • directement ;
  • ou à l’aide d’un patch, qui élargit légèrement l’artère et diminue le risque de rétrécissement secondaire.
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5. Vérification du résultat

Avant la fermeture de la peau, le flux sanguin est rétabli.
Le chirurgien vérifie la qualité de la circulation ainsi que l’absence de saignement.

Un petit drain peut être laissé en place pendant quelques heures afin d’évacuer un éventuel saignement postopératoire.

Des techniques de pointe

Une intervention extrêmement codifiée

La chirurgie carotidienne est pratiquée depuis plusieurs décennies.
Elle bénéficie aujourd’hui de techniques opératoires parfaitement codifiées, d’une surveillance anesthésique spécialisée et d’un contrôle neurologique rigoureux permettant d’obtenir un très haut niveau de sécurité lorsque l’indication est bien posée.

Les avantages de la chirurgie carotidienne

Traitement complet de la plaque d'athérome

Diminution importante du risque d'AVC

Résultats durables

Pas de stent laissé dans la carotide

Excellent recul scientifique

Après l'intervention

La surveillance est particulièrement attentive durant les premières heures.
Une surveillance neurologique et tensionnelle est réalisée afin de s’assurer du bon fonctionnement de la circulation cérébrale.
La reprise de l’alimentation et de la marche intervient généralement dès le lendemain.
Le traitement antiagrégant plaquettaire est poursuivi ainsi qu’un suivi régulier par échographie Doppler.

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Quels sont les risques ?

Comme toute intervention chirurgicale, l’endartériectomie carotidienne comporte certains risques.
Les principaux sont :

  • hématome cervical pouvant exceptionnellement nécessiter une reprise chirurgicale ;
  • troubles temporaires de la voix, de la déglutition ou de la mobilité de certains muscles du visage liés à une irritation des nerfs voisins ;
  • accident vasculaire cérébral, dont le risque est faible lorsqu’elle est réalisée dans un centre spécialisé ;
  • complications cardiovasculaires ou infectieuses plus rares.

Ces risques sont systématiquement évalués avant l’intervention et comparés au bénéfice attendu en matière de prévention de l’AVC.

Questions fréquentes

Votre intervention en pratique

Ci-dessous des indications et réponses aux principaux questionnements que vous pourriez avoir avant une intervention.

L'intervention est-elle douloureuse ?

La douleur est généralement modérée et bien contrôlée par les traitements antalgiques. Une gêne au niveau de la cicatrice du cou est habituelle pendant quelques jours.

Combien de temps dure-t-elle ?

La durée opératoire est en générale de 1 à 2 heures.

L’hospitalisation est habituellement de 3 à 4 jours, parfois un peu plus selon votre état de santé et votre récupération.

Vais-je aller en réanimation ?

Pas nécessairement.
Après l’intervention, une surveillance rapprochée est assurée pendant quelques jours, souvent en unité de surveillance continue, afin de contrôler votre état neurologique, votre tension artérielle et la cicatrice.

Y aura-t-il un drain ?

Oui, un petit drain est fréquemment mis en place au niveau de la cicatrice afin d’éviter la formation d’un hématome. Il est généralement retiré le lendemain.

Vais-je avoir une cicatrice importante ?

L’incision mesure habituellement entre 8 et 10 cm sur le côté du cou. Avec le temps, elle devient souvent discrète.

Devrai-je effectuer une rééducation ?

Aucune rééducation n’est nécessaire dans la majorité des cas.
En cas de trouble transitoire de la voix ou de la déglutition, une prise en charge par un orthophoniste peut exceptionnellement être proposée.

Combien de temps dure la convalescence ?

La récupération est généralement rapide.
Les activités quotidiennes sont reprises progressivement en une à deux semaines, tandis que les efforts physiques importants sont différés pendant environ un mois.

Un arrêt de travail est-il nécessaire ?

Oui, lorsqu’une activité professionnelle est exercée.
Selon votre métier, un arrêt de 2 à 4 semaines est habituellement prescrit.

L'opération supprime-t-elle définitivement le risque d'AVC ?

L’intervention réduit très fortement le risque d’AVC lié à la carotide opérée, mais elle ne supprime pas tous les autres facteurs de risque cardiovasculaires.
C’est pourquoi il est indispensable de poursuivre le traitement médical, de contrôler les facteurs de risque (tabac, hypertension, diabète, cholestérol) et de réaliser un suivi régulier par écho-Doppler.